L’auditorium de l’Université Batna 1 a vécu dimanche 12 juin en soirée des moments qualifiés d’historiques par les nombreux présents qui ont fait le déplacement des quatre coins des Aurès pour assister à cette cérémonie, la première du genre. En effet, la remise des attestations et tableaux d’honneur aux lauréats licenciés en langue et culture amazighes, au nombre de 72, a été programmée en soirée, ce qui a permis à bon nombre d’assister, dont certains ont fait le déplacement des daïras et communes voisines, mais aussi des wilayas limitrophes (Khenchela, Biskra). Pour rappel, cette première promotion est constituée d’étudiants originaires des quatre coins des Aurès, comme nous l’a confirmé le chef du département de langue et culture amazighes, Djamel Nehali.

Après le mot de bienvenue, le recteur de l’Université de Batna, M. Dhif, a affiché sa pleine satisfaction de voir enfin les efforts de tant d’années se concrétiser en cette première promotion de licenciés. Le secrétaire général du Haut Commissariat à l’Amazighité (HCA), qui a fait le déplacement d’Alger, tenait à assister à cette cérémonie dont il est l’un des artisans avec d’autres acteurs (chef du département, administration et aussi étudiants…) qui sont partis de rien, n’était l’apport et le soutien des responsables de l’Université de Batna. Lors de son allocution, le secrétaire général du HCA, Si El Hachemi Assad, qui s’est exprimé au nom de l’institution dont il est le premier responsable, mais aussi en son nom personnel et avec beaucoup d’émotion, a rappelé les circonstances qui ont vu la naissance de ce département de tamazight à l’Université de Batna, qui est en réalité son milieu naturel : «En mon nom, je vous félicite pour les efforts que vous avez fournis, je vous le dis avec la langue du cœur et en toute sincérité, cette langue du cœur, tamazight, est enfin propulsée pour devenir la langue de la communication, de la recherche, des études dans le milieu universitaire. C’est aussi l’occasion de rappeler à ceux qui marchandent et qui font de la surenchère qu’ils ont perdu leur pari, et aujourd’hui, seuls les scientifiques, chercheurs, professeurs sont à même de débattre et scientifiquement de la langue et de la culture amazighes, pour sa prise en charge et sa promotion. Tamazight se porte très bien dans son pays, l’Algérie.» Le responsable du HCA a également estimé que la sortie de cette promotion est «un évènement majeur» qui ouvre des perspectives prometteuses pour la promotion de la langue amazighe à l’échelle nationale et traduit dans les faits le contenu de l’amendement de la Constitution qui consacre la dimension nationale et officielle de cette langue. L’université algérienne, a ajouté l'intervenant, est pionnière dans la promotion de Tamazight et les promotions formées contribueront effectivement à la promotion et à la généralisation de la langue amazighe à toutes les wilayas du pays. Une cérémonie de remise de prix et d’attestations a été organisée en présence du wali de Batna, de responsables et de représentants des différentes institutions et assemblées. Les étudiants et étudiantes n’ont pas caché leur grande satisfaction ; il en est de même pour leurs parents qui ont pris part à cette fête. Lors d’un point de presse improvisé avec le chef du département langue et culture amazighes, Djamel Nehali a rappelé la conjoncture et le discours politiques favorables, à savoir l’officialisation de tamazight, et la sortie de cette première promotion est de bon augure. Pour rappel, l’effectif du département de langue et de culture amazighes n’a pas cessé de grandir depuis 2013, quand il n’y avait que 80 étudiants ; aujourd’hui, ils sont au nombre de 813.

Juba Rachid

Reporters du lundi, 13 juin 2016